
Le boom des bureaux à Dubaï vient de produire son plus important lancement, porté par un promoteur surtout connu pour le résidentiel. Ellington Properties et Al Hamra Group ont dévoilé Berkeley Tower, un immeuble commercial de catégorie A de plus de 60 étages à Business Bay, évalué à 2,8 milliards de dirhams, soit environ 762 millions de dollars. Il s'agit du projet commercial le plus vaste et le plus haut jamais entrepris par Ellington, un tournant notable pour un promoteur dont le nom est associé à des adresses résidentielles comme Ocean House, Ellington House ou One River Point. Son partenaire, Al Hamra Group, est un promoteur et investisseur de Ras Al Khaimah présent dans le résidentiel, le commerce, l'hôtellerie et les loisirs.
Ce que contient la tour
Cinq niveaux — rez-de-chaussée, mezzanine et trois étages supplémentaires — sont consacrés à des espaces partagés plutôt qu'à des bureaux locatifs : salons d'affaires et salles de réunion, espaces de fitness et de bien-être, terrasses ouvertes, lieux d'événements et de convivialité, un club-house et des zones de jeux interactifs. Les équipements techniques suivent le même registre, avec un parking robotisé et des ascenseurs à double cabine à commande par destination. Le site jouxte la station de métro Business Bay, avec un accès direct à Downtown Dubaï, au DIFC et aux principaux axes de l'émirat. « Berkeley Tower est l'expression de notre ambition pour le portefeuille commercial d'Ellington », a déclaré Joseph Thomas, cofondateur d'Ellington Properties.
Pourquoi Business Bay, et pourquoi maintenant
Le calendrier épouse le segment le plus dynamique du marché immobilier de Dubaï. Les ventes de bureaux sur plan ont atteint 13,1 milliards de dirhams au premier semestre 2026, dépassant le total cumulé des sept années précédentes, et Business Bay a dominé le marché, quelques tours concentrant l'essentiel de la valeur échangée. Sur l'ensemble de l'émirat, les ventes de bureaux ont approché 5,5 milliards de dollars sur neuf mois, dont environ 80 % sur plan. Savills situe le loyer moyen des bureaux à Dubaï autour de 66 dollars le pied carré au troisième trimestre, pour quelque 20 200 transactions locatives. « Dubaï continue de renforcer sa position de place d'affaires mondiale », a souligné Benoy J. Kurien, directeur général du groupe Al Hamra, en évoquant une demande soutenue pour des surfaces commerciales de qualité.
Ce qui n'a pas encore été annoncé
Les conditions commerciales manquent toujours. Ellington n'a publié ni prix ni plans de paiement, et la date de livraison qui circule sur les portails de courtage — tantôt 2030, tantôt 2031 — n'est pas confirmée par le promoteur, qui précise que la date contraignante figurera dans l'acte de vente. Les surfaces par plateau et le nombre de bureaux varient également d'un site à l'autre et doivent être considérés comme non vérifiés tant que les documents officiels de lancement ne sont pas publiés.
Un chiffre mérite d'être gardé en tête : Savills attend environ 20,4 millions de pieds carrés de nouvelles surfaces de bureaux à Dubaï d'ici 2030. Le marché actuel est suffisamment tendu pour justifier une tour de cette taille, mais un immeuble livré à la fin de la décennie ouvrira dans un environnement nettement plus concurrentiel. Pour l'acheteur, ce sont donc les questions ordinaires qui deviennent décisives : efficacité du plateau, charges de copropriété, qualité de l'exploitant et, surtout, date réelle de remise des clés.



